27 octobre 2005 | Dharius | commentaires (0) | imprimer
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Nous voici plongés dans une nuit noire, aussi obscure que notre désespoir. Un nuit sans lune, sans lumière, sans joie … mais pas sans appréhensions, sans craintes, sans angoisses. Et pourtant, si on nous avait dit hier que nous en serions là en cet instant, nous aurions bien ri … et d’ailleurs nous avons bien rigolé lorsque le brave Anatole nous a mis en garde au moment de partir.
Nous étions sur le point de quitter la route pour nous engouffrer dans la forêt quand nous entendîmes arriver au loin le tracteur d’Anatole. Que de blagues ne lui avons-nous pas faites à ce bon vieux voisin. Tiens, pas plus tard qu’il y a une semaine, nous avons attaché un pétard à la queue d’une de ses vaches. Vous auriez du voir Anatole courir après sa vache paniquée … c’est qu’on s’est bien marré. Lui pas, mais nous oui!
Décidant de lui jouer un nouveau tour, nous nous sommes cachés dans le fossé et nous l’avons attendu. Et lorsqu’il passa à notre hauteur, Gilles lui offrit avec sa fronde une boule puante. Il arrêta brusquement son tracteur, et bien qu’il ne nous vît pas, il savait très bien qui pouvait lui avoir fait cette désagréable surprise. Il dit alors à haute voix : « J’en connais qui un jour riront moins, et ce jour ne tardera pas ! ». Puis, il repartit vers son champ.
Oui ! nous riions bien … mais plus maintenant. Et bien qu’il faisait nuit, ce jour était si rapidement arrivé.
Nous avions décidé de faire une petite expédition jusqu’au mont du mort dans la forêt. On appelait ce lieu comme cela parce qu’il paraît qu’un enfant y avait trouvé la mort il y a bien longtemps, et que depuis son fantôme revenait à chaque anniversaire de sa mort. Or, ce samedi était justement un 30 octobre !
Ainsi, sans le dire à nos parents, nous avions préparé nos sacs et nous étions partis pour ce qui ne devait être qu’une ballade de quelques heures. Que d’aventures traversaient nos esprits. L’ombre d’un rocher nous entraînait vers tel combat imaginaire qu’un cri d’oiseau venait annoncer. Plus loin, une clairière nous emportait vers un château qui se dressait devant nos imaginations … mais au fur et à mesure de notre voyage à travers la forêt et nos rêves, nous commençâmes à nous fatiguer. Nos pieds réclamaient une halte, nos esprits se lassaient de ces histoires, et nos estomacs criaient famine, car nous avions déjà mangé tout ce que nous avions emporté.
Alors, nous, les aventuriers, décidâmes de rebrousser chemin, d’arrêter cette expédition qui n’en valait pas vraiment la peine, d’autant plus qu’il y avait un chouette film à la télé le soir.
Nous fîmes donc le chemin inverse, du moins c’est ce que nous croyions. Cependant, le retour nous semblait bien long et la nuit nous rattrapait bien vite.
Julie commençait à geindre et à pleurnicher. Quand ce n’était pas un caillou dans sa basket ou une griffe, on avait droit à des reproches, car bien entendu c’était uniquement de notre faute, à nous les garçons. C’était notre idée, elle n’avait fait que suivre. C’est toujours comme cela avec les filles. Eh bien ! la prochaine fois, elle ne viendra plus avec nous. Et puis, elle a peur de tout, même d’une branche dans la pénombre. Nous les garçons, on n’est pas des poules mouillées.
N’empêche que nous avons fini par avoir un peu peur quand la nuit nous est tombée dessus. Qu’allaient dire nos parents ? Comment allions-nous sortir de ce labyrinthe dans lequel nous nous étions perdus ? Et ces bruits d’animaux que nous ne connaissions pas ?
La nuit, nous croyions que c’était fait pour dormir, et pourtant c’était une nouvelle vie qui commençait dans la forêt. Nous entendions des bruits et des craquements de partout. C’était comme si tout un peuple invisible sortait de terre pour envahir la forêt.
Et quand l’imagination vient se mêler à cette réalité dont nous ignorions tout, cela devient un peu angoissant. On a fini par s’arrêter et se blottir les uns contre les autres au dos d’un grand arbre.
Alors, Bertrand n’a rien trouvé de mieux que de ressortir tous les films d’horreur qu’il avait vu avec son grand frère. Cela nous faisait bien rire quand il nous les racontait dans la cour de l’école, mais là c’était pas le moment.
Et voilà que Julie en remit une couche en nous parlant du corps que l’on avait retrouvé, la semaine dernière, dans le canal. Tout le monde en parlait à l’école et chez nous. Etait-ce un meurtre, un suicide, un accident ?
- Tais-toi Julie, tu ferais mieux de pleurnicher dans ton coin plutôt que de nous embrouiller avec tes histoires.
- Oh ! ça va François, s’il y en a bien un qui devrait se taire, c’est toi. Cela fait des jours que tu nous casses les pieds avec ton expédition. Et tu vois où cela nous a conduit !
- Calmez-vous, tous les deux, c’est pas en vous tapant dessus qu’on va s’en sortir.
- T’as raison, Gilles. Maintenant, il faut attendre. Sûrement que nos parents ont commencé des recherches pour nous retrouver.
- Qu’est-ce qu’on va prendre à notre retour !
- Allez, ne t’en fais pas pour cela, Bertrand. On verra bien à ce moment là. Pour l’instant, il faut penser à s’en sortir.
Tout à coup, un grognement nous surprit … et il faut bien le dire, nous effraya. Il y avait donc des êtres vivants autour de nous. Ils nous sentaient, ils nous voyaient peut-être, et nous, nous étions morts de peur. Enfin, c’est une expression. En fait, nous ne nous étions jamais sentis aussi vivants. Nos cœurs étaient pris comme dans un étau, et notre sang martelait notre pouls.
Nous étions jeunes, et l’idée de la mort ne nous avait jamais tourmenté. Dans cette nuit, son ombre planait pourtant dans nos esprits. Dans quelques heures, on serait le 31 octobre, et c’était le jour du cortège d’Halloween. Je devais me déguiser en squelette, Gilles en diable, Julie en sorcière, et Bertrand en zombie. Cela faisait des semaines que nous nous préparions à cette fête. La mort, nous en riions à l’époque … mais plus maintenant.
Le grognement reprit et les buissons qui nous encerclaient bougèrent … C’en était trop, et nous criâmes de toutes nos forces ! Le mystérieux animal prit la fuite, mais dans cette nuit d’encre les plus effrayés c’était nous.
Les minutes et les heures n’en finissaient pas quand un faisceau de lampe de poche nous rendit l’espoir. Nous n’avons jamais été aussi contents de voir Anatole, avec son visage tout ridé.
Comment nous avait-il retrouvés ? Peu importe, nous ne désirions qu’une chose, repartir avec lui et regagner nos maisons.
Mais voilà que ce cher Anatole, enfin je dis cela après coup car nous ne l’estimions pas beaucoup avant cette histoire, s’assit au milieu de nous et engagea la conversation.
- On veut partir d’ici le plus vite possible. Tu parleras plus tard, lui dis-je.
- Non ! vous allez m’écouter. C’est ainsi ou bien on reste ici jusqu’à l’aube, répondit-il d’un ton ferme que nous ne lui connaissions pas.
- Bon, c’est toi qui décides.
Et il commença …
- Je vous ai retrouvé parce qu’il y a quarante ans d’ici, j’ai connu un garçon qui a eu la même idée que vous. Il voulait voir le mont du mort, le gravir … être un homme, un vrai, qui n’a peur de rien. On lui avait parlé bien des fois de cette histoire de fantôme, et il voulait montrer à tous, et surtout à lui-même, qu’il n’avait peur de rien, même pas d’un fantôme. Il partit donc un matin avec la ferme intention de revenir comme un conquérant. Peu avant midi, il atteignit ce fameux mont et il l’escalada rapidement. Arrivé sur le sommet, il poussa un cri rageur. Il se sentit très fort. Plus personne ne le traiterait comme un petit, comme quelqu’un à qui ne prête pas attention. Par cette aventure, il croyait qu’il deviendrait quelqu’un de respecté. Mais voilà qu’en redescendant il se cassa la jambe …
- C’est toi alors, cet enfant.
- Oui, tu l’as deviné, car, depuis ce jour, je boîte. Enfin, je continue car il y a beaucoup plus important que cela. Je me suis donc retrouvé dans une situation très grave. La nuit était venue m’envelopper et ma jambe me faisait souffrir. La faim et la soif s’étaient aussi invitées à ce triste rendez-vous avec ce que je pensais être ma mort. Personne, ne me trouverait ici. J’avais beau crier, il n’y avait que l’écho pour me répondre. Et pourtant, il y avait quelqu’un qui était près de moi, et je ne le savais pas. Je ne le voyais pas, mais il voulait me parler.
- Tu ne vas quand même nous faire croire que le fantôme de l’enfant t’a parlé. On n’est plus des bébés pour croire de telles histoires.
- Non ! pas le fantôme, mais quelqu’un de bien vivant et qui a tout dirigé pour mon bonheur. Car il savait que j’allais faire cette escalade et que j’allais me briser la jambe en repartant. Il a donc mis à cœur à ma tante de mettre une lettre dans mon sac avant que je parte. Et cette lettre a changé ma vie.
- Ouais ! Et comment tu l’as lue cette lettre dans la nuit ?
- Eh bien, premièrement, ce n’était pas une nuit comme celle-ci. C’était la pleine lune. Deuxièmement, j’avais toujours sur moi des allumettes pour faire des bêtises comme vous. J’ai donc rassemblé quelques brindilles et morceaux de bois sec, et j’ai fait un petit feu dans l’espoir que la fumée me ferait repérer. Mais en plongeant ma main dans mon sac, j’ai découvert cette précieuse lettre. Il s’agissait d’un évangile selon Luc. Je ne comprenais pas ce que cela venait faire là. Et mon premier geste a été de le jeter au loin. Cependant, après quelques temps, comme je n’avais rien à faire et que mon esprit était envahi par de drôles de pensées, j’ai été reprendre cet évangile et je l’ai ouvert au hasard. Mais comme le hasard n’existe pas, je suis tombé sur ce verset : « le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ». Vous imaginez le choc … j’étais perdu et voici qu’il y avait quelqu’un pour me sauver. J’avais bien été un peu au catéchisme, et je savais que le Fils de l’homme c’était le Seigneur Jésus, mais jamais je n’avais cru en lui. Et voilà qu’il était écrit qu’il était venu pour sauver ce qui était perdu, et j’étais justement perdu. Alors, j’ai parlé pour la première fois à Jésus, et je lui ai dit que si il existait, il n’avait qu’à me tirer de là. Et pendant que je réfléchissais à la manière de m’en sortir, j’ai commencé à comprendre petit à petit que j’étais doublement perdu. D’un côté parce que j’étais seul dans cette forêt, et de l’autre j’étais coupable devant Dieu. J’avais bien des fois désobéi à mes parents, et je m’étais souvent moqué de ma tante et de mon oncle qui me disaient que, malgré mon jeune âge, j’étais un pécheur et qu’il fallait que je demande pardon à Dieu et que j’accepte Jésus dans mon cœur. J’ai donc ajouté à ma prière, bien qu’elle ne ressemblait pas vraiment à une prière, que si je sortais vivant de cette forêt, je deviendrai un vrai chrétien.
- Et qu’est-ce qui s’est passé ?
- Si tu me vois maintenant, c’est bien parce que Jésus a répondu. Et d’une façon merveilleuse en plus, car c’est mon oncle qui m’a retrouvé et qui m’a ramené sur son dos à la maison. Il n’a pas eu besoin de me parler de Jésus, car j’étais alors certain que Jésus l’avait envoyé pour m’aider. C’était un chrétien fidèle … tous les gamins se moquaient de lui, et même pas mal d’adultes, mais tout ce qu’il faisait, il le faisait pour Jésus. Personne ne pouvait lui enlever ce témoignage. Même s’ils riaient de lui, tous reconnaissaient qu’il était un vrai disciple de Jésus. Quand je suis revenu à la maison, j’ai été puni … mais en même temps béni, car je n’étais plus le même Anatole, j’étais aussi devenu un disciple de Jésus. Je lui avais ouvert mon cœur, et jamais je ne l’ai regretté ! Maintenant, nous allons nous mettre en route, car vos parents s’inquiètent beaucoup pour vous, mais n’oubliez pas ce que je viens de vous dire. Ce n’est pas une histoire de fantôme, un conte ou une légende, c’est l’expérience merveilleuse qu’un jeune garçon a vécue, il y a quarante ans. Une nuit comme celle-ci a changé sa vie, et j’espère qu’il en sera de même pour chacun d’entre vous.
Ne sachant que répondre, nous nous mîmes en marche à la suite d’Anatole qui connaissait la forêt comme sa poche. Nous réfléchîmes à ce qu’il venait de nous dire. Et à ce jour, trois d’entre nous sont devenus de vrais chrétiens. Alors que nous pensions peut-être mourir, cette nuit mémorable a été la nuit des vivants pour nous. Nous sommes passés des ténèbres à la lumière qu’est Jésus Christ. Il a éclairé nos vies, et jamais nous n’avons, nous non plus, regretté de lui avoir ouvert la porte de notre cœur.
Cher auditeur, qu’en est-il pour toi en cet instant. Ris-tu de la mort ? Ou bien ne t’en soucies-tu pas ? Fais-tu semblant de l’ignorer ? Mais sache qu’elle ne t’ignorera pas, qu’elle frappera à ta porte à son heure. Alors, avant qu’il ne soit à jamais trop tard, chasse-la en faisant entrer Jésus dans ta vie. Il est le Sauveur, et il donne la vie éternelle à tous ceux et celles qui croient en Lui.
Ce jour, cette nuit, seront-ils ceux des vivants pour toi ou ceux des morts. Choisis la vie afin que tu vives ! Choisis Jésus !
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